01 février 2010

Encore

Un an sans te voir. Passé. Et je décide de te proposer une soirée avec moi. Avant que je parte. Loin d'ici pour plusieurs mois. Loin d'ici, je vais apprendre une autre langue, ne rien comprendre, rencontrer sans doute un tas de gens, voyager avec ma super pote, rigoler à n'en plus pouvoir, mener un beau projet, galérer, m'enrichir d'une autre culture, créer, me démerder, découvrir, m'énerver, me sentir seule, être fatiguée, me relever, faire la fête, pouvoir rire de tout au final, j'espère. Et si ça se trouve, aimer.

Tu me manques, j'ai envie de te voir. Je prends le risque de morfler. Tant pis. je me dis que ça vaut le coup. je me dis que je peux bien ravaler ma fierté. Et je me dis que peut-être, tu ne le mérites pas, que j'te quémande comme ça, mais je me dis surtout que merde! je suis jeune. Toutes ces années de jeunesse au statut de célibat, c'est vraiment du gachis. à qui ça profite? Je vais me réveiller à quarante pige, ma peau ne sera plus tendue, mes cheveux ternes et mon charme disparu. Et je regretterai. Je regretterai si par exemple je me refusais une soirée avec toi juste parce que tu ne la mérites pas. Je m'en fous, c'est pour moi.

Il ne se passera sûrement rien de fou. Je veux juste partager encore un moment unique rien qu'à nous, j'espère juste tes bras autour de moi quelques minutes, j'espère juste ne pas m'être trompée. j'espère juste que tu me regretteras l'espace d'un court instant.

j'espère juste cette foutue émotion.

Tu m'as dit ok pour la soirée. En semaine évidemment. On doit fixer un rendez-vous pour le mois qui vient. 

Hier en sortant du train gare Saint Lazare, en voyant tous ces autres qui sont attendus au bord du quai, avec un bouquet de fleurs, avec des regards impatients ou des sourires, je pensais à toi. Qui ne viendrait pas me chercher. Goran Bregovic sur les oreilles, je m'imagine te croiser. Te rencontrer là par hasard, tu serais sûrement avec Elle. Et ce serait tant mieux tiens, elle qui me déteste tant. C'est mesquin, je sais, mais si j'pouvais la rendre jalouse cinq minutes, ben ça me ferait plaisir ! Enfin, ce n'est pas un coin de Paris où le risque est grand de tomber sur toi. Je marche vers le métro, entraînée par la musique en essayant de ne pas penser aux courants d'air. Je déteste cette gare, toute grande, toujours remplie de vents froids. Et je te vois. Là, en face de moi, parmi la foule de ce samedi après-midi. C'est bien toi oui, qui marche en ma direction. On va se croiser dans quelques pas, tu vas me voir, je suis désemparée, je m'apprête déjà à retirer mes écouteurs, je l'ai tant penser, et ça devient réel, mais c'est presque surréaliste. Tu sors ton téléphone de ta poche, je crois, je ne ralentis pas vraiment le pas, je crois. Je la vois Elle, qui emboîte ton pas, et on se croise, on aurait pu se frôler, presque. Et tu ne me vois pas. Et je continue dans ma lancée. Dix mètres plus loin je me retourne, tu as disparu, j'ai envie de te courir après. ça ne servirait à rien. De toute façon je te vois bientôt. Je suis là au milieu de cette grande gare, tout d'un coup à l'arrêt. Je suis perdue. J'ai presque envie de me rendre compte que je me suis plantée de direction, d'être obligée de faire demi tour. Combien de chance pour que ça arrive? Et tu n'as rien vu.

Je t'envoies un texto. Je te dis qu'on vient de se croiser, avec un air faussement détaché. J'en profite pour te proposer une date pour notre soirée, quel prétexte !

ça m'a chamboulée de te voir de si près. ça m'a chamboulée, ce destin. Peut-être que je devrais annuler. Si ça m'a tant perturbé ? C'est peut-être un signe, un échantillon de douleur. Il est encore tant de me préserver...

Je m'en fous, je ne risque pas grand chose, j'ai déjà vécu, et surtout je pars bientôt, j'oublierai.

 

 

Posté par bleucarton à 00:10 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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